Ayn Warda (Rose Fountain)

| Ayn Warda
DOUAIHY Jabbour
Dar an-nahar , Lebanon , Beirut , 2002 , 271 pages

Summary

Summary

With humor that is tender and cutting by turns, in a style both vivid and intelligent, the author embarks on a familial and social fresco reminiscent of the magic realism of South-American fiction. The novel tells the story of a decadent family, paralleled by the Lebanese civil war, and of the decomposition of their seigniorial domain, ‘Ayn Warda’, symbol of a time’s ending, and of its bourgeois elite’s disappearance.

For obscure electoral reasons, a family of Muslim nomads arrived from afar and had been allocated living space in the cellar, its members also serving as domestics to their benefactors. Slowly, however, they invade the rest of the building, prosper and proliferate, taking possession of the domain and contributing to its devastation. There is a clear contrast between the two families, the floor below representing instinct, the body’s exuberance, procreation, malice and survival, while the floor above represents decay, sterility, silence, powerlessness, dreams and the virtual world.

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Translation sample

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Dans la maison, chacun avait ses repères et son coin attitré. Si l’on cherchait un membre de la famille, si quelqu’un était demandé au téléphone, on savait d’emblée où le trouver : l’après-midi, Julia était dans le salon, les mains invariablement affairées au crochet ; si Réda n’était pas dans sa chambre, c’est qu’il avait rejoint le Club libanais des échecs au restaurant Al-Diwan – ou ultérieurement, dans les derniers temps de la guerre, « Avec qui veux-tu qu’il soit ? Avec la fille Haddad, bien sûr ! » – ; Nohad était sur le balcon avec Soleiman Attiya ; Jojo faisait ses plans dans la salle d’armes… Seule Margaret ne s’était jamais trouvé un endroit à elle. Sortie de leur chambre à coucher, à elle et à Jojo, elle était perdue et errait sans savoir où aller. Elle ne s’habituait pas à la maison ; quand venaient les premiers froids, elle se mettait à traquer des courants d’air qu’elle était la seule à sentir, bouchait les interstices des fenêtres avec du papier adhésif et s’emmitouflait dans une épaisse abaya. Après toutes ces années passées à Ayn Wardeh, elle ne s’était pas jamais fait une place. Même la cuisine, elle y pénétrait en étrangère, comme les hommes ; elle appuyait son épaule contre le chambranle de la porte et regardait comment Saada s’y prenait pour hacher le persil du taboulé, en faisant passer le couteau de cuisine tranchant le long de son index, ou pour évider des courgettes aussi minces que le doigt, avec une telle habileté qu’elle n’en éventrait pas une seule ; Margaret faisait alors penser à ces touristes qui assistent bouche-bée à la prestation d’un vendeur de jus de réglisse soulevant son aiguière de la main droite, le plus haut qu’il peut, en tenant de l’autre le verre le plus près possible du sol et, malgré une telle amplitude, le remplissant sans mettre une goutte à côté. Elle allait ouvrir des portes que jamais personne n’ouvrait et se prenait les pieds dans une chaise, ou trébuchait sur le seuil légèrement surélevé de la salle à manger : toujours dans le passage, Margaret.

Quand les tirs d’artillerie lourde commencèrent à retentir dans le ciel d’Ayn Wardeh, elle fut d’abord incapable de se maîtriser, comme une chatte se retrouvant au milieu de tambours qui crépitent subitement. Tous les gens de la maison savaient de quel côté leur venaient les roquettes – du sud-est, « entre Hammana et Kfar Selouan, d’une batterie socialiste pointée sur notre camp », comme le certifiait Jojo, l’expert militaire de la famille qui, peu aidé par les circonstances, ni d’ailleurs, comme le lui susurrait Réda quand une dispute éclatait entre eux, par sa couardise, n’avait jamais véritablement reçu de baptême du feu –, si bien que lorsqu’ils couraient à l’abri, ils allaient d’instinct se mettre côté nord. C’était comme si le fait de connaître la trajectoire des tirs, de se serrer les uns les autres, le dos contre le mur derrière la table de la salle à manger, en appelant Réda à ne pas « jouer les fortes têtes » et à vite descendre de sa chambre pour les rejoindre là où, s’imaginaient-ils, ils seraient protégés par le nombre optimal de murs pouvant les séparer de la source des tirs, et le simple fait aussi de baisser la tête sous la table en s’accroupissant dans une position ridicule, c’était comme si tout cela les mettait hors d’atteinte. Et si Julia, persuadée que cette fois-ci les roquettes étaient tombées juste à côté de la maison, proposait : « Allez, on descend à la cave… », ils se contentaient alors de garder le silence pour lui signifier qu’ils refusaient de descendre plus bas encore, tenant tout de même à garder un minimum de dignité…

Margaret, si elle entendait une roquette siffler puis exploser dans la vallée et que Jojo était absent, se mettait quant à elle à courir dans tous les sens, allait ouvrir la porte d’entrée. Tout le monde avait beau lui crier de ne pas le faire, c’était plus fort qu’elle, il fallait qu’elle sorte, reviens, elle revenait, se retournait, n’aie pas peur, elle restait comme sourde, se cramponnant à l’oreiller dont elle s’était munie pour protéger sa tête, tellement elle était épouvantée, et finissant par agripper une chaise, une porte ou tout autre élément dont la stabilité lui permettrait d’apaiser ce corps qui ne lui obéissait plus. Il va falloir t’habituer, Margaret. M’habituer à quoi ?
En revanche, si Jojo se trouvait là au moment des tirs, elle gardait son calme, s’accrochant à lui comme un aveugle à son bâton.
Au début, ne saisissant pas la nature du péril qui menaçait la maison et les menaçait eux, du fait des combats, elle avait posé certaines questions délicates :
–    Qui sont ces gens qui nous tirent dessus ?
–    Les socialistes…
–    Les socialistes ?
–    Oui, les socialistes.
–    Pourquoi font-ils ça ? Moi, à l’université, j’étais avec les socialistes, et mon père aussi…
–    Ce sont les druzes.
–    … ?
–    Les druzes.
–    …

Chaque fois qu’elle éprouvait des difficultés à comprendre quelque chose, elle s’abstenait d’en demander plus. Elle remettrait ces questions sur le tapis plus tard, quand l’occasion se présenterait, cherchant alors à savoir pourquoi les Palestiniens étaient avec les musulmans – n’y avait-il pas des Palestiniens chrétiens ? – et à résoudre d’autres énigmes de ce genre. Et quand commencèrent à parvenir à la maison des informations selon lesquelles on en était venu dans les rues de Beyrouth à arrêter les gens aux barrages et, suivant leur appartenance, à les enlever ou même à les assassiner, elle demanda, toute à fait sérieuse :
–    Comment font-ils pour distinguer un musulman d’un chrétien ?
–    Tu ne sais pas que chez nous la confession est inscrite sur la carte d’identité ?
–    Et si, trouvait-elle à répliquer, la personne n’a pas sa carte d’identité sur lui, il échappe à la mort ?
–    Ils arrivent toujours à connaître sa confession…
–    Comment font-ils ?…
N’obtenant pas de réponse, elle se risquait :
–    … par son nom ?
–    C’est ça, par son nom, finissaient-ils par acquiescer, n’en pouvant plus.
Elle se taisait un court instant, avant de reprendre :
–    Réda, par exemple, c’est un prénom musulman ou chrétien ?
–    Ils les reconnaissent en les voyant, ma chère !
–    Comment ça ?
Et Nohad de supplier Jojo :
–    Fais donc taire cette femme, je t’en supplie ! Qu’elle arrête avec ses âneries ! Comme si cette situation ne nous empoisonnait pas déjà assez l’existence…

Ayn Warda | Dar an-Nahar | Beirut, Lebanon | 2002 | translated by: Emmanuel Varlet

Press excerpts

Press excerpts

Robert Solé, Le Monde, France 2009 “Jabbour Douaihy offers us a novel both funny and bitter, full of delightful encounters… Drama regularly turns into a cruel joke”.

Johanna Luysen, Le Figaro, France 2009 “Rose Fountain Motel is an admirably well built and beautifully written narrative. A sentimental novel, burlesque and tragic”.

Agnes Rotivel, La Croix, France, 2009 “His characters and scenes alike are depicted with a sense of humor sometimes incisive; a reminder of the neorealist Italian cinema.”

an-Nahar, Samir Kassir | March 2002
“From the first moments, Jabbour Douaihy’s ambitions for “Ayn Warda” appear larger than they were for “Rayya-of-the-river”. Not because he this time leaves he North Lebanon environment, that he used to depict, and approaches Beirut, halting at one of its suburban mountains, but because he this times chooses to insufflate a historical breath to his writing.”

“The catastrophe, however small [the arrival of the attractive relative of Bahia], is the definite announcement of the house’s collapse. Douaihy mentions it vaguely while flipping through the family’s album as if this collapse is the unavoidable result of its inhabitant’s behavior before going on with it through a chain of porno-comic events, that seem to come straightforward from one of the Italian comic cinema marvels.”

an-Nahar cultural supplement, Naoum Abi Rached | March 2002
“Photographs provoke my writing. I wrote my last novel [Ayn Warda], having continuously close by, the album “Intimate photographs”, edited by my dear friend Mouhsen Yamine, and published in 1998 by the Arab Photography Institute. In fact, a picture of a Lebanese lady, in the 1920’s, concealed in men’s clothes, was what lead my hand in the writing of this novel.”

“Some say that the problem encountered by Lebanese writers in the last quarter of the past century, is not in the question ‘how to express the war?’, but how to avoid it here again.”

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