Elias Khoury’s My name is Adam “an overwhelming book of rare beauty” – Mediapart

26 February 2019 20 views No Comment Email This Post Email This Post Print This Post Print This Post

Khoury-MyNameIsAdam-FRCoverReview by  Sonia Dayan-Herzbrun, for En Attendant Nadeau / Mediapart, published May 2018

There are subjects that force the novel to reinvent itself. As the narrator of the last book of Elias Khoury puts it, “I am writing a novel that is unlike any other, because it belongs to a literary genre that has no name and I doubt that it exists “.

Everything begins in a way that seems to be agreed: Elias Khoury tells in his preface how, in New York where he is invited to teach literature, entering an Israeli restaurant to eat a falafel sandwich, he is struck by the beautiful look of the restaurateur at ease in both Hebrew and Arabic. This is Adam Dannoun, a Palestinian with an Israeli passport probably from the Lod region. When Adam dies in a fire that is doubtful to have been accidental, Elias Khoury comes into possession of his notebooks. They are the ones we are supposed to read, as if the Lebanese novelist were replacing a Palestinian from Israel in search of himself.

Elias Khoury had already dedicated a novel, The Gate of the Sun, to the story of the Nakba (in Arabic the “catastrophe”), that is to say the expulsion of hundreds of thousands of Palestinians from their homes, after the creation of the State of Israel, and their exodus to the refugee camps. Thanks to the work of Palestinian historians and Israeli “new historians”, these events are beginning to be well documented. Some Palestinians expelled from their homes and denied the right to return to their lands even though they had become Israeli citizens, were displaced within the borders of the new state.

Adam, we will learn, is one of those. He is only an infant, a survivor of some catastrophe, who does not know who his biological father and mother were, when in July 1948 Lod was besieged and invaded by the Israeli army. The dead are in the hundreds (1300 according to the historian Henry Laurens). Those of the inhabitants who have not fled are parked under a scorching sun, without water, without food in a “small piece of land surrounded by barbed wire”. An article by Spiro Munayyer, the only witness to recount this tragedy, has been translated into the latest issue of the Palestinian Studies Review (2008). Adam and his mother will be saved and will go to Haifa.

Adam, with blond and curly hair, will then invent another story: a Jewish story, where he was originally from Warsaw. In his successive games where he can not stick to any identity, he strives to be accepted, to “integrate”, but it also highlights all the contradictions and difficulties that there are to be at the both Palestinian and Israeli. Maybe he’s just a man, Adam, made of earth and suffering. So one ghetto is good for the other. “My alleged Polish and Warsaw origins were only a subterfuge to describe my childhood in Lod, my youth in Haifa and my life in Jaffa.” As where are the words to be found? About the Nakba, the Israeli historian Amnon Raz Krakotzkin writes in Exile and Sovereignty (La Fabrique, 2007) that “it is here that the denial of reality in the Israeli consciousness reaches its peak”. But it is also, as he shows, a negation of the memory and experience of the Palestinians.

It is the imposition of silence, writes Elias Khoury. “It’s not just about the crime of deporting Palestinians out of their land, because a bigger crime was committed after that: to impose silence on the entire people.” In Lod, says one of the characters, “words were over.” Or “I can not describe the life of the ghetto by any other term than” whispering silence” “. The enigma, here, is the extreme difficulty or even the impossibility for the victims to break the silence or perhaps to be heard

It is here that the seemingly strange construction of the book makes perfect sense. It begins, in fact, with a “novel project”, The Chest of Love, which tells the story of the poet Waddah al-Yaman who, locked in the chest where he was hiding before finding the queen, his lover, chooses to be silent and to drown “buried in silence” when the king, suspicious, tried to test his wife by throwing the chest into a well. This mythical love story is mingled with the memory of Dalia’s lost love. It was after this failed love that Adam chose to live in the United States

 

In this difficult and overwhelming book, of a rare beauty, one should not look for any linearity.

In this difficult and overwhelming book, of a rare beauty, one should not look for any linearity. Times mix, answer one another. The smell of Shatila camp in 1982 brings back the smell of Lod, just as Lod echoes Warsaw. Dreams, memories, reflections, references intertwine. Fictitious characters rub shoulders with others that are real. Much more than the story, sometimes painful to the insupportable, of an episode of the Nakba and its consequences, it can be seen as the announcement, the annunciation, of a future literature. “Literature has arrived to provide a new language to the victim, ie to announce the literature of silence, to take us with Mahmoud Darwwich in the direction of the wind. ”

***  Original French article below ***

 

Il est cependant des sujets qui obligent le roman à se réinventer. Comme l’exprime le narrateur du dernier livre d’Elias Khoury « je suis en train d’écrire un roman qui ne ressemble à aucun autre, car il appartient à un genre littéraire qui n’a pas de nom et dont je doute qu’il existe ». Tout débute sur un mode qui semble convenu : Elias Khoury raconte dans sa préface comment, à New York où il est invité à enseigner la littérature, entrant dans un restaurant israélien pour manger un sandwich aux falafels, il est frappé par la belle allure du restaurateur, à l’aise aussi bien en hébreu qu’en arabe. C’est Adam Dannoun, un Palestinien pourvu d’un passeport israélien sans doute originaire de la région de Lod. Quand Adam meurt dans un incendie dont on doute qu’il ait été accidentel, Elias Khoury entre en possession de ses carnets. Ce sont donc eux que nous sommes censés lire, comme si au romancier libanais se substituait un Palestinien d’Israël en quête de lui-même.

Elias Khoury avait déjà consacré un roman, La porte du soleil, au récit de la Nakba (en arabe la « catastrophe »), c’est à dire de l’expulsion de centaine de milliers de Palestiniens hors de chez eux, après la création de l’État d’Israël, et à leur exode jusqu’aux camps de réfugiés. Grâce aux travaux d’historiens palestiniens et à ceux des « nouveaux historiens » israéliens, ces événements commencent à être bien documentés. Certains Palestiniens chassés de chez eux et privés du droit de retourner sur leurs terres alors même qu’ils étaient devenus des citoyens israéliens, ont été déplacés à l’intérieur des frontières du nouvel État.

Adam, on l’apprendra, est l’un de ceux-là. Il n’est qu’un nourrisson, survivant d’on ne sait quelle catastrophe, qui ignore qui sont ses père et mère biologiques, lorsque, en juillet 1948, Lod est assiégé puis envahi par l’armée israélienne. Les morts se comptent par centaines (1300 selon l’historien Henry Laurens). Ceux des habitants qui ne se sont pas enfuis sont parqués sous un soleil caniculaire, sans eau, sans nourriture dans un « petit lopin de terre entouré de barbelés ». Un article de Spiro Munayyer, le seul témoin à avoir raconté cette tragédie, a été traduit dans le dernier numéro de la Revue d’Études Palestiniennes (2008). Adam et sa mère auront la vie sauve et partiront à Haïfa.

Adam, aux cheveux blonds et bouclés, va alors s’inventer une autre histoire : une histoire juive, où il aurait été originaire de Varsovie. Dans ses jeux successifs où il ne peut coller à aucune identité, il s’efforce de se faire accepter, de « s’intégrer », mais il met aussi en lumière toutes les contradictions et les difficultés qu’il y a à être à la fois palestinien et israélien. Peut-être est-il tout juste un homme, Adam, fait de terre et de souffrance. Alors un ghetto vaut pour l’autre. « Mes prétendues origines polonaises et varsoviennes ne constituaient qu’un subterfuge pour décrire mon enfance à Lod, ma jeunesse à Haïfa et ma vie à Jaffa ». Car où trouver les mots ? À propos de la Nakba, l’historien israélien Amnon Raz Krakotzkin écrit, dans Exil et souveraineté (La Fabrique, 2007) que « c’est ici que la négation de la réalité dans la conscience israélienne atteint son apogée ». Mais elle est aussi, comme il le montre, négation de la mémoire et du vécu des Palestiniens.

Elle est imposition du silence écrit Elias Khoury. « Il ne s’agit pas seulement du crime de l’expulsion des Palestiniens hors de leur terre, parce qu’un plus grand crime a été commis après : celui d’imposer le silence au peuple entier ». À Lod, dit l’un des personnages, « la parole était finie ». Ou encore « Je ne peux décrire la vie du ghetto par un autre terme que celui de “chuchotement du silence” ». L’énigme, ici, est l’extrême difficulté, voire l’impossibilité pour les victimes de rompre le silence ou peut-être de se faire entendre

C’est ici que la construction, apparemment étrange, du livre prend tout son sens. Il débute, en effet, par un « projet de roman », Le coffre de l’amour, qui raconte l’histoire du poète Waddah al-Yaman qui, enfermé dans le coffre où il se cachait avant de retrouver la reine, sa bien-aimée, choisit de se taire et de mourir noyé « enseveli dans le silence » quand le roi, pris de soupçons voulut éprouver son épouse en faisant jeter le coffre dans un puits. À cette histoire d’amour mythique se mêle le souvenir de l’amour perdu de Dalia. C’est à la suite de cet échec amoureux qu’Adam a choisi de partir vivre aux États-Unis

Car dans ce livre difficile et bouleversant, d’une beauté rare, il ne faut chercher aucune linéarité. Les temps se mélangent, se répondent les uns aux autres. L’odeur du camp de Chatila en 1982 fait revenir l’odeur de Lod, tout comme Lod fait écho à Varsovie. Les rêves, les souvenirs, les réflexions, les références s’entrecroisent. Les personnages fictifs en côtoient d’autres qui sont bien réels. Bien plus que le récit, parfois douloureux jusqu’à l’insupportable, d’un épisode de la Nakba et de ses conséquences, on peut y voir comme l’annonce, l’annonciation, d’une littérature à venir. « La littérature est arrivée pour fournir une nouvelle langue à la victime, c’est à dire pour annoncer la littérature du silence, pour nous emmener avec Mahmoud Darwich dans la direction du vent. »

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