Yet another great appreciation of Alwan’s Beavers, in Canada

19 May 2015 151 views No Comment Email This Post Email This Post Print This Post Print This Post

AlwanAn interview conducted by Marie-Christine Blais, for La Presse, published in April 10th.

Your narrator, Ghaleb, draws continually striking parallels between beavers he discovered in Oregon and his family who lives in Riyadh. How did you get this idea?
I grew up in Saudi Arabia, where beavers do not exist. My knowledge on the subject was therefore superficial, and I was not interested in it, anyway! It was when I moved to Portland [Oregon], in 2006, to finish my master that I really got to know this animal.  I watched it in its natural habitat, intrigued by its physical characteristics and social behavior. While I was trying to learn more, the idea that there were similar behaviors in humans and beavers, and its possible use in a novel, was set in motion.

 

In original (French) language below.

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Tant le titre que la couverture de ce roman seront familiers aux lecteurs d’ici: Le castor. C’est pourtant à Riyad, en Arabie saoudite, qu’est né l’écrivain Mohammed Hasan Alwan, en 1979. Inspiré par notre animal emblématique, Alwan y relate la crise de la quarantaine d’un fils prodigue, entre Moyen-Orient, Londres et Portland (Oregon!), avec un humour grinçant et loin de bien des clichés. Entretien avec un écrivain extrêmement intéressant, traduit pour la première fois en français et qui vit actuellement à Ottawa!

Votre narrateur, Ghâleb, trace sans cesse des parallèles étonnants entre les castors qu’il découvre en Oregon et sa famille qui vit à Riyad. Comment en êtes-vous arrivé à cette idée?

J’ai grandi en Arabie saoudite, où les castors n’existent pas. Mes connaissances sur le sujet étaient donc superficielles, et je ne m’y intéressais pas, de toute façon! C’est lorsque j’ai déménagé à Portland [Oregon], en 2006, pour finir ma maîtrise que j’ai vraiment fait connaissance avec cet animal. Je l’ai observé dans son habitat naturel, intrigué par ses caractéristiques physiques et son comportement social. Alors que je tentais d’en savoir plus, l’idée qu’il y avait des comportements similaires chez les humains et les castors, et son utilisation dans un roman, s’est mise en branle.

Le critique littéraire du Monde a écrit au sujet du Castor qu’il lui rappelait un peu le ton et l’humour de Woody Allen. Que pensez-vous de cette comparaison?

J’aime bien Woody Allen, mais je ne suis pas sûr des similitudes entre nos styles car je n’ai pas beaucoup lu de ses livres ou vu de ses films. Si vous aviez pu lire mes trois romans précédents [NDLR: non traduits en français], vous les trouveriez plus mélodramatiques, quasi sans humour. L’humour est quelque chose que j’ai utilisé dans ce roman-ci pour mieux dépeindre le personnage de Ghâleb, surtout que le texte est écrit à la première personne. Je trouvais que ce ton cynique lui convenait bien quand il décrivait sa famille.

Vous utilisez de très belles images anthropomorphiques dans votre roman: des sourcils qui ont eu leur vie propre, des arbres qui se penchent sur un personnage; d’où cela vient-il?

On me dit que j’ai ce style depuis la parution de mon premier roman, en 2002! J’écrivais des poèmes avant d’écrire des romans, et ce style poétique domine encore mon écriture. C’est drôle, mais dernièrement, j’ai soumis mon projet de thèse – je suis inscrit au doctorat en marketing international à l’Université Carleton d’Ottawa – et un des professeurs du comité de sélection a noté en marge d’une des pages du projet: vous n’êtes pas en train d’écrire un roman!

Vous étiez dans la jeune trentaine quand vous avez écrit Le castor (en arabe: Al-Qondos, 2011), mais vous avez imaginé un personnage de 46 ans pour votre roman, pourquoi?

Il m’a semblé que la mi-quarantaine était la période durant laquelle quelqu’un comme Ghâleb en aurait assez et réaliserait que rien dans sa vie ne va marcher, finalement. C’est l’âge où on se retrouve face à soi-même et où on s’apitoie sur soi-même, tout à la fois. La crise de la quarantaine est un passage très difficile dans la vie de tout homme et je ne vous cacherai pas qu’il m’inquiète, alors que je n’y parviendrai que dans quelques années.

Famille reconstituée et dysfonctionnelle, divorce, liaison adultère de longue durée, voyages, ville «apoplectique», comme vous le dites de Riyad, on est loin des images qu’on se fait de l’Arabie saoudite quand on lit Le castor. Il y a certainement des éléments autobiographiques dans ce roman. Comment votre famille a-t-elle réagi à la publication?

Je peux vous assurer que les membres de ma famille ne sont pas des castors! Fort heureusement, rien dans ce roman n’est véritablement inspiré de ma famille, elle a donc reçu ce livre comme les précédents. J’ai plutôt utilisé des scènes et des images inspirées de connaissances en dehors de ma famille nucléaire, que j’ai ensuite modifiées plusieurs fois afin qu’elles servent l’histoire. Je pense que je suis encore trop jeune pour écrire de façon autobiographique. Mais un jour, je le ferai. Je le sais.

Le castor est traduit de l’arabe au français. Comment avez-vous travaillé avec la (remarquable) traductrice française Stéphanie Dujols?

J’ai rencontré Stéphanie à Beyrouth, avant qu’elle ne commence la traduction, et nous avons eu une longue conversation en arabe. Après quelques heures, je lui ai demandé où elle avait appris le français pour être ainsi devenue une traductrice professionnelle. Elle m’a regardé avec surprise et m’a répondu qu’elle était née en France! J’étais pourtant sûr qu’elle était arabe, tant elle parlait arabe à la perfection. Nous avons gardé le contact ensuite, et j’ai été épaté par son travail en profondeur sur le texte d’origine afin de trouver les meilleurs équivalents en français. Mais pour être honnête, la plus grande surprise a été que le Seuil veuille me publier! J’ai été invité au festival des Assises internationales du roman 2015, à Lyon, en mai, et j’ai hâte de rencontrer des lecteurs français à cette occasion et de connaître leur perception du Castor.

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