Saint-Georges was looking away – a review of Douaihy’s latest novel

12 December 2010 74 views No Comment Email This Post Email This Post Print This Post Print This Post

L’Orient Littéraire, Beirut, Lebanon reviews Douaihy’s latest novel.
A portion of it is translated with Goole translate – full French review is found below.

Ghosts of the past
“Charidou’l Manazel” gives the author an golden excuse to sketch the little people of Lebanon, this exuberant fauna swept by war, from the taxi driver dubbed messenger in these times where the phone was scarce; the lodger who welcomes him, promoted as the nanny by his adoptive mother of Nizam; the prostitute who claims to be Greek to impose respect; through the obsessional artist of beautiful residential neighborhoods the depression of whom only allows her to attend to a young man who is clearly not of her milieu; to Cyril, the pseudo Casino choreographer, a former heroin smuggler and drinker of adulterated alcohol. There are also the souk merchants, janitors, indispensable informants, the merry band of leftist students caught by disenchantment. There is also the mime, who secretly haunts, under the bombs and in indifference, the boards of the “Grand Theatre”; the seller of birds, and Nizam, a parrot in hand, crossing of Armenian church square where a corpse lays. There are places that after this book you wouldn’t look at in the same way: the Murr Tower, the Martyrs’ square and the great void that surrounds it, the salt marshes on the northern highway, the cabarets of dormant Street Phoenicia. It is with a heavy heart that we approach the final pages, while Douaihy prolongs the agony, still plays with the reader, manages him with the comic absurdity that is his trademark, exasperates him with his digressions, marvels him with replies like: “He is not dead, they killed him!”. There is an infinite tenderness, an eroticism both bold and bashful, a special delicacy in the relationships between the characters, even on the side of the militiamen. A great novel. Maybe one day, a great film.

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SAINT GEORGES REGARDAIT AILLEURS

Charidou’l Manazel de Jabbour Douaihy, éditions Dar Annahar, octobre 201, 257p.

Par Fifi Abou Dib

Ce roman n’existe encore que dans sa version “vierge”, ni traduit ni trahi. Avec cette langue arabe qui lui est si particulière, l’auteur charrie dans un flot munificent, et par mille chemins de traverse, quasiment toute une anthologie de la littérature mondiale et même du cinéma. Comment traduire avant même qu’il soit envisagé en français, ce simple titre: “Charidou’l Manazel”, contraction qui pourrait donner “l’Errant des foyers” ce qui dans la langue de Molière ne signifie pas grand chose?

Revenons à l’histoire. Celle-ci commence vers le début des années 50 puisque le héros de Jabbour Douaihy est dans sa vingtaine, à la veille de la guerre civile libanaise. Le roman s’ouvre au souk de Tripoli dans la vague officine d’un voyagiste, marchand de livres à l’occasion, qui entretient une tout aussi vague secrétaire et quelques relations interlopes. Un jour, il naît un fils à Mahmoud al Alami. Il le prénomme, par coquetterie d’intellectuel de bazar, “Nizam el Moulk”, du nom d’un ministre perse assassiné par un adolescent drogué pour accomplir sa tâche. Ainsi commence l’histoire de Nizam. Le lecteur s’en apercevra assez vite, ce n’est pas un simple livre qui voit le jour sous la plume de Jabbour Douaihy mais bel et bien un enfant quasi réel dont l’étrange destin, tour à tour, fait sourire, parfois franchement rire, émeut, bouleverse, et en tout cas éclaire d’un jour nécessaire une période refoulée de l’histoire du Liban, de Beyrouth surtout.

Baptisé et circoncis
Nizam, qui ne garde de son illustre homonyme qu’un prénom tronqué et un avenir scellé, naît dans une famille musulmane d’un père sans cesse en délicatesse avec la loi. Tout petit, une affection troublante le lie à un couple chrétien en mal d’enfants. Cet attachement se crée à la faveur d’une décision de Mahmoud al Alami d’envoyer sa famille en villégiature dans la montagne du nord. C’est là qu’il loue aux Bou-Chahine une maison vacante contiguë à celle qu’ils habitent. C’est là qu’un jour, Nizam pousse la porte du jardin, comme dans un conte initiatique, et découvre un monde inondé de tendresse, de parfums, de saveurs et d’aventures. Les Bou-Chahine lui vouent un amour bouleversant, ne reculent devant aucun sacrifice pour son bonheur, y compris, plus tard, celui de le laisser partir à Beyrouth, ce lieu de perdition, et fermer les yeux sur ses dépenses et son oisiveté. Mais Nizam est lui aussi d’une bonté attachante. Généreux, sa nature heureuse lui attire de nombreux amis. C’est la période des débats d’idées, des engagements inconsidérés pour des causes qui le sont tout autant. Rumeurs et bruits de bottes préfigurent la tragédie à venir, mais nul ne s’en soucie. Nizam est à la fois circoncis et baptisé. A son cou il porte, coulés dans l’or, les premiers versets du Coran et une médaille de la Vierge. Sa logeuse russe lui recommande de prendre soin d’une icône de Saint Georges qui a accompagné sa famille dans l’errance depuis Saint Petersbourg. Saint Georges semble protéger tous ceux qui l’entourent. Il est vénéré de la même façon par les chrétiens et les musulmans qui l’appellent el Khodr et le comptent parmi leurs saints. Il y aura autour de lui des viols et des meurtres, mais il ne détournera jamais son regard du vide où il est aspiré. Perdu entre ses deux identités, chrétienne et musulmane, comme entre ses deux familles; perdu entre le foyer de Haoura et celui de Tripoli, l’appartement de Ras Beyrouth et l’auberge du centre-ville, Nizam incarne avec candeur tous les paradoxes du Liban, ce qui fait de lui, nous n’en dirons pas plus, l’agneau sacrificiel idéal.

Fantômes du passé
“Charidou’l Manazel” offre à l’auteur un prétexte en or de croquer le petit peuple du Liban, cette faune exubérante emportée par la guerre, du chauffeur de taxi adoubé messager en ces temps où le téléphone était rare, à l’aubergiste en son bouge, promu nounou par la mère adoptive de Nizam, à la prostituée qui se dit grecque pour se faire respecter, en passant par l’artiste obsessionnelle des quartiers résidentiels que seul son état dépressif autorise à fréquenter un jeune homme qui n’est clairement pas de son milieu, jusqu’à Cyrille, le pseudo chorégraphe du Casino, ancien passeur d’héroïne et buveur d’alcool frelaté. Il y a aussi les marchands du souk, les concierges, indispensables informateurs, la bande joyeuse des étudiants gauchistes rattrapés par le désenchantement. Il y a le mime qui hante en secret, sous les bombes et dans l’indifférence, les planches du “Grand Théâtre”, il y a le marchand d’oiseaux, et Nizam qui traverse, un perroquet à la main, la place de l’église arménienne où s’étale un cadavre.
Il y a des lieux qu’après ce livre on ne regardera plus d’un même œil: la Tour Murr, la Place des Martyrs et le grand vide qui l’entoure, les salines sur l’autoroute du nord, les cabarets en déshérence de la rue de Phénicie. C’est la gorge serrée que l’on aborde les dernières pages, alors que Douaihy fait durer le supplice, joue encore avec le lecteur, le ménage avec ce comique de l’absurde qui est sa marque de fabrique, l’exaspère avec ses digressions, l’émerveille avec des réparties comme celle-ci: “il n’est pas mort, on l’a tué!”. Il y a une infinie tendresse, un érotisme à la fois audacieux et pudique, une délicatesse extraordinaire dans les rapports entre les personnages, même du côté des miliciens. Un grand roman. Peut-être un jour, un grand film.

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