La Croix on Douaihy’s June Rain

23 June 2010 46 views No Comment Email This Post Email This Post Print This Post Print This Post

Noces de sang et secrets trop pesants

Inspiré par un massacre en 1957 dans une église de Méziara, d’où l’auteur est originaire, ce très beau roman revient sur la vendetta entre deux familles chrétiennes maronites qui marqua profondément le Liban

Elya al Kfouri vit aux États-Unis. Plus de vingt ans après avoir quitté le Liban, son pays natal, il y revient. Sa mère y vit encore, son père a été tué lors d’un règlement de comptes entre familles chrétiennes maronites dans le village de Borj-el-Hawa, au sortir d’obsèques à l’église, alors qu’Elya venait juste d’être conçu. Sa mère n’a eu alors de cesse de l’éloigner de ce village, soit pour éviter les représailles éventuelles, soit pour le protéger des rumeurs sur sa naissance, intervenue après des années de mariage stérile.

À son retour au village, Elya entreprend de savoir ce qui s’est passé lors de la tuerie qui a coûté la vie à son père. Il tente de rassembler les morceaux du puzzle. Il retrouve des survivants, interroge leur mémoire. Tous donnent des versions différentes. Jusqu’à sa propre mère qui ne lui a pas tout dit, entretenant une version des faits qu’elle veut garder intacte. Les secrets, les zones d’ombre, les non-dits pèsent sur les habitants du village, sur leurs relations.

Pour Pluie de juin, Jabbour Douaihy s’est inspiré d’un massacre similaire, qui a eu lieu en 1957 dans une église de Méziara, petit village proche de Zghorta, d’où sont originaires l’auteur et sa nombreuse famille, les al Douaihy, descendants de Français venus de la ville de Douai, capitale du duché d’Ostrevant. La vendetta entre deux familles chrétiennes maronites avait fait des centaines de morts et marqué profondément le Liban. « Elle fut précurseur de nombreuses autres violences dans le pays », explique Jabbour Douaihy qui explore et décortique les mécanismes des rivalités de pouvoir dans ce petit pays, où règne encore aujourd’hui l’ordre des familles et des clans. Pour l’auteur, «le massacre de Méziara fut une répétition générale de la guerre civile au Liban». Le conflit, qui a duré de 1975 à 1990, a fait de 130 000 à 250 000 victimes civiles.

Dans Rose Fountain Motel, son précédent roman traduit en français (1), Jabbour Douaihy nous faisait découvrir avec beaucoup d’humour le destin de l’une de ces grandes familles maronites libanaises sur le déclin. Dans Pluie de juin, le propos est plus dramatique. Chacun des témoins du drame s’exprime, puis, comme en voix off, une voix journalistique replace le témoignage dans son contexte local et social. Le lecteur découvre aussi que faire la lumière sur la mort de son père n’est pas l’unique objectif de la quête d’Elya. Alors que, depuis des années, il passe sa vie à inventer des histoires sur ses origines, à exercer des petits métiers, à changer continuellement d’appartement, il est en fait à la recherche de lui-même. Car «Elya, le fils de Youssef al Kfouri, était une œuvre inachevée».

AGNÈS ROTIVEL

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